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Maciocia Giovanni - La psyché en médecine chinoise


Auteur : Maciocia Giovanni
Ouvrage : La psyché en médecine chinoise Traitement des maladies psychiques et émotionnelles par l’acupuncture et la phytothérapie chinoise
Année : 2009

Lien de téléchargement : Maciocia_Giovanni_-_La_psyche_en_medecine_chinoise.zip

Avant-propos. Pour de nombreux occidentaux qui rencontrent la médecine chinoise, un de ses grands attraits est qu’elle semble s’adresser à la personne dans sa globalité, intégrant imperceptiblement le corps, l’esprit et le psychisme pour comprendre à la fois la santé et la maladie. Cette approche est considérée comme à l’opposé de la médecine occidentale qui, surtout depuis le XVIIe siècle et pour des raisons diverses, a tendance à séparer le matériel du psychique et du spirituel. Dès le IVe siècle AEC, Platon de plaignait de cette séparation. « La plus grande erreur, dans le traitement des maladies, est qu’il y a des médecins pour le corps et des médecins pour l’âme, alors que les deux ne peuvent pas être séparés ». L’attraction exercée par la perspective d’une médecine globale comme la médecine chinoise est tellement forte qu’elle est le premier facteur de motivation chez les personnes qui étudient et qui pratiquent la médecine chinoise. Qui plus est, elle a conduit à l’apparition d’écoles de pensée à l’intérieur des nouvelles traditions occidentales de la médecine chinoise, qui considèrent que prendre en compte les dimensions émotionnelle et spirituelle du malade est un présupposé nécessaire à la guérison, en accordant peut-être moins de poids aux troubles physiques eux-mêmes. Sans aucun doute, il existe des raisons historiques à l’importance accordée à cet aspect. Pour sûr, dans les enseignements du « yang sheng fa », l’art de préserver la vie, on trouve que s’efforcer de réguler l’esprit et les émotions est le point de départ de toute démarche pour rester en bonne santé. Le Classique de médecine interne de l’Empereur Jaune l’explique clairement : « Si la personne est calme, paisible, disponible, sans désir, alors le Qi vrai est de même. Si l’essence et l’esprit sont bien protégés à l’intérieur, d’où la maladie pourrait-elle venir ? Si la volonté est au repos et que les désirs sont peu nombreux, le coeur est en paix et la peur absente ». Le Huang Di Nei Jing Su Wen, au chapitre 1, et même avant, dans le Nei Ye (L’entraînement intérieur), au IVe siècle AEC, on lit : « Ceux qui gardent un esprit sain à l’intérieur ont un corps sain à l’extérieur ». C’est cette même idée qui se retrouve aussi dans la théorie du Classique de médecine interne de l’Empereur Jaune, qui voit dans le coeur l’Empereur du corps. Le coeur abrite le Shen et si le coeur est fort et équilibré, alors les autres organes du corps, qui ont tous leur rôle de « ministres », le seront aussi, tout comme un Empereur sage est dit assurer le bien être de l’Empire. Comprendre l’histoire du concept d’Esprit et sa relation avec la santé et le bien-être n’est toutefois pas chose facile. Comme Giovanni Maciocia le dit avec force dans tout ce livre, essayer d’intégrer les enseignements et les pratiques médicales d’une culture aussi lointaine, que ce soit dans l’espace ou dans le temps, exige tout d’abord de savoir ce que recouvrent véritablement les termes d’esprit, de volonté et de psychisme. Sans cette compréhension, on risque de plaquer notre propre culture et nos propres préjugés sur ce que nous pouvons lire, étudier et enseigner. Mais ce que recouvrent les discussions classiques sur le Shen ne constitue qu’une des questions importantes que ce sujet primordial nous invite à considérer. Dans quelle mesure un traitement administré par une tierce personne peut-il nous aider à résoudre nos problèmes émotionnels et spirituels ? Dans quelle mesure peut-on dire que le contenu du paysage émotionnel d’un individu donne une image juste de la personne ? Comment essayer de gérer (et apprendre à nos patients à gérer) les émotions ? Dans quelle mesure faut-il accueillir et habiter pleinement ces émotions et dans quelle mesure faut-il essayer de les apprivoiser et de les contrôler ? Toutes ces questions relèvent à la fois de notre propre évolution personnelle et de la façon dont nous concevons notre rôle de praticien. Si l’on regarde certains enseignements traditionnels de médecine chinoise sur la régulation de l’esprit et des émotions, on trouve ce conseil, prodigué par le grand sage taoïste du VIIe siècle, le docteur Sun Si-Miao : « Pour vivre longtemps, il faut s’efforcer de ne pas trop s’inquiéter, de ne pas trop se mettre en colère, de ne pas trop se laisser aller à la tristesse, de ne pas avoir peur trop souvent, de ne pas trop en faire, de ne pas trop parler et de ne pas trop rire. Il ne faut pas non plus avoir trop de désirs et ne pas avoir à faire face à trop de situations perturbantes. Toutes ces situations nuisent à une bonne santé ». Comment alors concilier ce déni ingrat des émotions et notre croyance en une richesse saine venant de l’exploration, de la libération et de l’expression de ces mêmes émotions ? Dans la culture qui est la nôtre, réconcilier ces deux perspectives peut sembler relever du défi, que ce soit dans le cadre de notre travail avec les patients ou dans le cadre de notre vie personnelle. Il se peut que, comme c’est si souvent le cas, harmoniser ces deux situations apparemment opposées soit la solution. Apaiser l’esprit et s’ancrer dans le présent nous permet de nous relier à ce qui est universel et à nous tenir à l’écart du bruit exténuant qui entoure ce qui n’est pas émotionnellement indispensable. Dans le même temps, cultiver cette conscience profonde nous permet de mieux ressentir et explorer les courants de notre propre vie émotionnelle. Peut-être est-ce de cette façon que nous pourrons avoir un aperçu d’une santé émotionnelle qui n’est ni répressive ni permissive. Dans cet ouvrage essentiel, Giovanni Maciocia aborde toutes ces questions importantes, que ce soit grâce à l’étude détaillée des points de vue de la médecine traditionnelle chinoise et de la médecine occidentale, à la présentation complète des manifestations les plus courantes et les plus perturbantes des troubles émotionnels, et à sa propre réflexion sur ses longues années de pratique clinique. Ce livre est un apport supplémentaire à l’ensemble du travail entrepris inlassablement depuis des décennies par cet auteur. Giovanni Maciocia s’est attaché à rassembler la théorie et la pratique de ce trésor humain qu’est la médecine chinoise. Peter Deadman, 2009. ...

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